Ardian Kyçyku - Le nouveau comte des lettres

NOVRUZ XH. SHEHU

Les principaux journaux albanais “Gazeta Shqiptare” (7 mars 2011), “Standard” (7 mars 2011), “Nacional” (8 mars 2011), ont publié l’essai «Le nouveau comte des lettres», de Novruz Xh. Shehu, écrivain, critique, mémorialiste, historien et journaliste, dans lequel lisons:

«Peu connu dans son pays natal, publié sans tout le respect qui lui est dû dans la communauté albanaise, qui encore n’a pas réussi de se détacher pleinement de l’angoisse des mythes du communisme, Ardian Kyçyku, ayant une série extraordinaire d’oeuvres artstiques en prose, dont 12 on albanais et 15 en roumain, mérite d’être honoré comme un véritable comte des lettres. Un écrivain fameux ne pâlit pas un autre écrivain fameux. Une psychologie contraire serait la conséquence de la paranoïa des mythes et des ruines très dangeureuses. Déja l’Albanie ha un autre écrivain de dimensions planétaires, pas grâce à la quantité des oeuvres, mais surtout grâce au style magique, à l’architecture complètement nouvelle de la plupart des ses oeuvres, ainsi que pour les messages nationaux et universels, transmis avec un courage intellectuel exceptionnel.

Ses oeuvres sont traduites, publiées et appréciées en roumain, hongrois, allemand, espagnol, italien, anglais, slovaque etc. Il a attiré l’attention des plus illustres personnalités de la critique contemporaine du continent européen et du monde entier. Dès la pubblication du premier roman en Roumanie («L’année quand a été inventé le cygne») et d’un autre roman («Les Morts») à Prishtina (Kossovo), la presse littéraire de ces pays a écrit avec enthousiasme, en mettant au courant les lecteurs sérieux de la littérature que était en train de venir un maître de la métaphore.
Indépendamment du fait que en Albanie le média a écrit dans une manière sporadique, je suis convaincu que envers Ardian Kyçyku a été adoptée une attitude non professionnelle, à peu près cynique. Il est suffisant de mentionner le fait que ni le Ministère de la Culture, ni le Concours Balcanica, n’ont pas présenté et n’ont pas apprécie cette personnalité. Dans une interview accordée, Kyçyku a dit: “Le globalisme décide actuellement avec préponderance l’allure du message artistique”. Je crois que cette affirmation est une réponse pour chacun qui voit avec méfiance la venue de cette personnalité dans le continent des lettres.
Les personnages tels comme Home Çkena (“Home”) te surprennent, te portent dans leur univers tant comique que magique, en te permettant de voir une partie te toi même, le primitivisme et la bravoure, l’intelligence dejà réveillée et la distraction dans la métropole de l’Albanie, ainsi que dans les métropoles de la planète. Chez Home (un nom resté comme le produit de son salut “Ho me ç’kena?’ – Que-ce qu’il y a?), qui le poursuit jusqu’à Tirana et partout, on voit l’homme descendu des montagnes et entré en contact avec la civilisation. Lui – Nous a un château et une arme implantée dans son propre corps. Un fait curieux : Dans les poumons d’un patient a fait son apparition un pin! Sous le crâne de nous tous a poussé l’arme, l’orgueil, la sincérité et la générosité, y compris la rélique primitive. Malgré ça, nous ne pouvons pas comparer Home avec Don Quichotte, comme on a dit quelquefois. No. Homme est un fragment détaché des cimes des Alpes, peut - être comme un morceau de glace vers le chauffage global, près des villes à travers le monde, convaincu et conscient pour le château, l’amour, le soi même et le nom réel assimilé quelque part.
Chez le roman “Les fleuves de Sahara” nous enchante le réalisme magique, où sont mélangés merveilleusement l’essai avec la narration, la journalistique avec la poésie, le tableau avec la philosophie. Chez “La Faim pour le pain du ciel”, t’ébranle “le poète albanais”, lequel, peût être, est un sosie de Home Çkena, une version a sa dans des milieux étranges. Il y a des portraits qui te rappèle Goya, en te merveillant et en te attristant à la fois. Alors quand tu crois que c’est un roman policier, tu comprends que te trouves dans un tourbillon de la réalité au sein de laquelle tu existes. Ardian-Christian Kyçyku a pris le globe dans ses main comme un joujou et le fait tourner, jouer et observer, l’explore et, parmi les connationaux il distingue le poète albanais, le poète albanais trouvé dans une maison des mortels sans visage, paralitiques, des animaux qui chassent des souris et des souris qui chassent des lettres. C’est là-bas tant la psychologie de la Femme de Bukovski, que le réalisme magique de Marquez ; tant le saut pindarique de Buzzati, que le réalisme tranchant de Honoré de Balzac. Une combinaison, un entrelancement de tous les styles dans un style rare d’un auteur, qui ne pouvait pas être que un albanais mis en train entre le primitivisme et la civilisation, les légendes et les actions réelles, la viriginité de la nature et et la dévirgination de la personnalité ridicole. A la recherche de l’homicide de madame Tas, se présente le milieu, les personnes qui l’habitent, leur vie sans but, la chatte, le poète, Fuola, le médecin, Names et d’autres. Le dialogue dynamique, la philosophie méditative, l’investigation publicistique, la métaphore brillante, l’image émouvante, touchante, ainsi que la symbolique, ne te permettent de quitter le livre. «Moi je ne suis pas d’aujourd’hui, je suis né plus tard. Les albanais sont nés pour plusieurs époques à la fois.Tous seront convaincus un jour pour ça et regretteront le temps quand ne sont comporté comme je le méritais («La Faim pour le pain du ciel », p. 59). «J’ai entendu que les albanais étaient une nation spéciale et étaient capables de faire tout, étant donnée qu’il mettaient le même prix à la vie et à la mort» (idem, p. 59)». «Cette époque n’est pas dominée par la muse de la poésie, ni de la muse de la prose, ni de celle de la mort, du meurtre, de la dégénérescence, du suicide, mais de la Muse du jeu...» (ibidem, p. 18). Nous nous souvenons de Nietzsche qui faisait de cancans, était affreux et toutefois indispensable, lui qui illumine les coins obscures de la vie, et qui jamais ne préfère le suicide, chaque chose est faite au nom du désir e de l’indispensabilité du perfectionnement du bien, en assumant le devoir de réaliser l’art en partant des ancêtres. Ardian-Christian Kyçyku est un prestidigidateur du mot, du motif, de l’image, en te faisant s’asseoir dans le fauteuil et sentir des douleurs insupportables aux flancs. Dans le roman «La Muse du jeu», le planète se tourne éternellement autour l’axe de cette muse, c’est à dire du Jeu infini. «Il m’a dit que nous, les balkaniques, au lieu du sang, nous avons eu un liquide de guerre et de poésie. Du heurt entre le soif et la poésie, selon elle, prenait naissance notre besoin de détruire, de se suicider. La conclusion de cette hypothèse ou la signature de cette affreuse thèse, comprend la suivante note: «De la traduction de la vie de l’albanais, j’ai compris que la vérité en ce qui concerne la mort de la madame Tas se cachait dans un seul mot de tous les participants au jeu... ». Avec l’élégance du comedien et la cruauté du tragique, l’auteur affirme (p. 73) : «Lui avait transféré sa patrie ailleurs. Quand serait venu le moment opportun, ce que seulement les vieux le savaient, lui-même, si serait encore en vie, mais aussi quelque autre albanais, au lieu de lui, auraient mangé la montagne en papier, c’est à dire le livre grand quant une montagne, et en fairaient de nouveau l’Albanie proprement dite...».
Mais ces fragments ne sont suffisants pour créer même une image approximative sur cet écrivain. Il faut lire son roman «Des Yeux», qui, je suis convaincu, est une des meilleures oeuvres de l’Europe de l’Est, de cette partie du notre continent, qui encore se trouve capturée par les menottes et les chaînes des mythes du communisme. Ce livre, l’unique publié comme il faut par l’Edition Ideart de Tirana, en octobre 2007, bizarrement n’a pas attiré l’attention de la critique, des hommes de lettres et des médias investigatrices. On n’a pas parlé de l’oeuvre «Des Yeux» de Ardian-Christian Kyçyku, comme a été procédé dans le cas du livre «Des funerailles sans fin» de Visar Zhiti, «Le Rouge des taureaux» de Mira Meksi, «La Femme avec l’ordre du loup» de Petraq Risto etc. C’est un paradoxe de laisser en dehors du focal de l’analyste, de l’essaiste, du philosophe et du lecteur intelligent, le roman «Des Yeux» de Ardian-Christian Kyçyku. C’est une chose étrange, mais aussi pas si etrange, pour une communauté qui apprécie plutôt un député, qui ne connaît aucune langue étrangère, que de saluer un chef d’oeuvre, qui serait convoitée par chaque littérature sérieuse, prétendante de faire part d’une digne concurrence dans le planète des lettres.
Que-ce que c’est le roman «Des Yeux» ? C’est une oeuvre ayant les dimensions d’une épopée, qui fait la chirurgie de l’Albanie pendant 60 ans (1945-2005). Mais oui. Le virtuose Kyçyku a mis l’Albanie sous le tranchant coupant du bistouri intellectuel, philosophique, artistique, métaphorique, sur l’établi de sa propre chirurgie et applique une observation et une investigation extraordinaires, avec du courage et sans aucune autocensure, avec adresse et avec la conviction que sans effectuer l’autopsie, on ne peut avoir jamais une Albanie comme il faut. Dès les premières pages, nous avons en face trois pêcheurs sans tête, autour desquels tournent de tous les côtés le Camarade et en même temps le monsieur Themi, Haki Ujera, Misto Fotografi, Afrim Katrahura, Agim de l’Auto des Morts, Koço Puthja (Stërputhja), Jaho Myneveri et d’autres et partout l’Oeil surveillant, tel comme celui de Monalisa, te poursuit terriblement et ne te laisse pas dormir. L’ironie acerbe, douloureuse comme le tranchant coupant du bistouri, qui te touche jusqu’à l’os, te poursuit partout avec cet’oeil cruel, intolerant, qui, de part de beaucoup de personnes serait appelé atroce. Ces pêcheurs sans têtes sont les albanais d’un demi-siècle communiste, qui ont décidé de préférer avec pompe de rester sans têtes, en tenant sur leur cou taillé le joug des idoles politiques, une avant-garde pas instruite, ignorante. Transformés dans une communauté de vieillards, qui s’asseoient dans les parcs et répétent sans cesse les récits de la Deuxième Guerre Mondiale, en Albanie aucun ne pense pas de s’occuper des figures de dimensions universelles, de la taille de Ardian-Christian Kyçyku. Dans cette stupidité mal intentionnée continuent de fleurir les mythes paranoïaques du communisme.